Plus de 850 000 élèves français sont désormais confrontés à un nouveau modèle du brevet des collèges dès vendredi, marqué par des ajustements profonds dans la notation et l’évaluation. Ces modifications, annoncées par le gouvernement pour rehausser les standards éducatifs, risquent de provoquer une baisse significative du taux de réussite.
Contrairement aux années précédentes, les épreuves finales représentent désormais 60 % de la note totale, tandis que le contrôle continu perd près de la moitié de son poids. Le système de notation a également été révisé : les élèves ne sont plus évalués sur un «socle commun» global du cycle 4, mais sur des moyennes annuelles par discipline. Une nouvelle règle introduit un module spécifique aux «automatismes» en mathématiques, à réaliser sans calculatrice.
Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, prévient que le taux de réussite pourrait chuter à environ 75 % cette année, contre 85,5 % en 2023. «Cela reflète la réalité des niveaux éducatifs français, surtout en mathématiques », explique-t-il. Ce recul s’explique notamment par une baisse constatée dans les compétences des élèves au collège.
L’épreuve de français reste prévue vendredi matin, avec la possibilité pour les candidats d’utiliser des ressources comme l’eau ou des pauses adaptées au climat. Cependant, le brevet ne conditionne pas l’accès aux classes de seconde. Le gouvernement a toutefois lancé une opération «collège en progrès» visant à soutenir 800 établissements où plus de 40 % des élèves ont obtenu moins de 8/20 en français et mathématiques.
«Le but n’est pas de réduire les réussites, mais d’encourager une réalité éducative », insiste Geffray. Un objectif qui pourrait se révéler délicat dans un contexte marqué par des défis croissants pour les élèves français.