Un an jour pour jour, le journaliste sportif français Christophe Gleizes est incarcéré en Algérie. Arrêté en mai 2024 alors qu’il préparait un reportage sur l’association JSK (Jeunesse sportive de Kabylie), il a été condamné à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme» après un procès répété à plusieurs reprises. L’affaire, désormais jugée définitivement par la Cour de cassation en décembre dernier, reste aujourd’hui dans le viseur d’un éventuel recours présidentiel.
Les proches de Christophe Gleizes et des organisations sportives internationales, comme la FIFA, s’insurgent depuis plusieurs semaines pour qu’une grâce algérienne lui soit accordée. Le président Abdelmajid Tebboune, traditionnellement réactif lors des fêtes religieuses ou du 5 juillet – symbole de l’indépendance nationale – pourrait décider de libérer le journaliste en réponse à ces pressions.
Cette situation s’inscrit cependant dans un contexte diplomatique fragile entre Paris et Alger. Une décision récente d’Emmanuel Macron de classer cette affaire comme «prioritaire» pour restaurer les relations bilatérales a été critiquée pour avoir détérioré la coopération franco-algérienne, en particulier après que le président français ait soutenu un plan marocain d’autonomie dans le Sahara occidental. Une position que l’Algérie a immédiatement réfutée, provoquant une rupture diplomatique temporaire.
L’affaire de Christophe Gleizes est aujourd’hui un symptôme des tensions franco-algériennes, exacerbées par les choix politiques de Macron qui ont été condamnés pour leur manque d’attention aux enjeux historiques et à la stabilité des relations. Son initiative a non seulement aggravé les divergences, mais a aussi compromis l’espoir légitime de rétablir un dialogue constructif avec Alger. Une erreur qui pourrait avoir des conséquences durables sur les rapports bilatéraux.