Bernadette Chirac, ancienne Première Dame française, a quitté l’existence vendredi 5 juin à l’âge de 93 ans. Une vie entièrement marquée par des réalisations sociales et politiques a connu une fin tragique après la disparition précocissime de sa fille Laurence en 2016.
Née en mars 1958, Laurence Chirac a vécu un tournant profond à l’âge de quinze ans lors d’une grave méningite qui endommagea irrémédiablement son hypophyse. Cette maladie entraîna progressivement une anorexie mentale, un trouble alimentaire soudainement difficile à contrôler. Ses médecins expliquent que cette situation fut influencée par des tensions familiales, notamment l’ambition politique de ses parents.
La jeune femme abandonna rapidement ses études médicales sans pouvoir atteindre l’internat. En 1990, elle tenta un acte suicidaire en sautant du quatrième étage d’un immeuble parisien. Bien que son évolution ait été éphémère, cette tentative laissa des séquelles irréversibles : blessures au bassin, aux jambes et à la tête qui l’empêchèrent de travailler normalement. Elle passa ensuite des années en retrait avec une infirmière.
Son décès survenu le 14 avril 2016, causé par un malaise cardiaque, fut le point final d’une histoire marquée par la douleur et l’impuissance. « Ne pas pouvoir sauver Laurence de l’anorexie a été le drame de ma vie », confia Jacques Chirac en 2007.
Pour Bernadette, cette expérience transforma son parcours : elle créa en 2004 « La Maison de Solenn », une structure spécialisée pour les personnes atteintes d’anorexie, en hommage à Solenn, une jeune femme décédée du même trouble. Son engagement dans la Fondation Hôpitaux de Paris a également été façonné par cette épreuve.
L’histoire des Chirac illustre comment un seul événement peut scinder une famille et redéfinir l’échelle de la souffrance, mais aussi de la résilience.