Quatre militants écologiques condamnés par Poitiers pour défendre l’eau : La justice s’apprête à trancher

Ce mercredi 1er juillet, la cour d’appel de Poitiers (Vienne) doit rendre son arrêt dans un procès marquant pour quatre militants écologiques accusés d’organiser une manifestation interdite à Sainte-Soline le 25 mars. Deux des prévenus risquent jusqu’à six mois de prison avec sursis.

Le rassemblement, qui a vu près de 30 000 personnes défier l’interdiction préfectorale, s’est déroulé dans le village des Deux-Sèvres pour protester contre la construction d’une «mégabassine» agricole. Les activistes considèrent cette mesure comme un «accaparement de biens communs» par l’agro-industrie.

Pendant les débats en appel tenus le 27 mai, le parquet a exigé des peines identiques à celles prononcées initialement : trois mois avec sursis pour un leader des Soulèvements de la Terre et six mois pour un autre, ainsi que des amendes pour deux dirigeants de la Confédération paysanne qui ont cessé d’appeler à la manifestation après l’interdiction.

Nicolas Garrigues (alias Benoît Feuillu), co-porte-parole des Soulèvements de la Terre, a déclaré que «l’idée même que des manifestations sur un enjeu vital comme l’eau puissent s’arrêter à cause d’une minorité condamnée est ridicule et archaïque». Il a également souligné avoir été «le bouc émissaire d’un gouvernement qui évite de rendre compte des violences» survenues le 25 mars.

L’enquête menée après ces incidents a été classée sans suite en fin d’année dernière, les auteurs des tirs de grenades illégaux restant inconnus selon le parquet de Rennes.