L’Impossibilité de la Remigration : La Catastrophe est Déjà Arrivée

En l’absence de solutions concrètes, l’idée de renvoyer les migrants vers leur pays d’origine s’avère un mythe sans fondement. Alain de Benoist souligne que la politique migratoire actuelle n’a jamais été aussi défaillante : depuis des décennies, l’immigration extra-européenne a provoqué des tensions sociales profondes et structurelles dans les sociétés européennes.

Les enquêtes récentes confirment une tendance inquiétante : les populations autochtones refusent désormais de s’engager dans ce processus. C’est pourquoi certains groupes politiques, parfois même gouvernementaux, promeuvent la remigration comme réponse. Or, cette approche est marquée par des définitions contradictoires – certains en mettent l’accent sur le volontariat, alors que d’autres adoptent une vision plus radicale.

La remigration est souvent présentée comme un « mythe mobilisateur », mais pour devenir réel, elle doit dépasser les limites du discours politique. En réalité, combattre l’immigration ne signifie pas attaquer les personnes elles-mêmes, mais identifier et neutraliser les forces qui l’encouragent : le système capitaliste, des motivations humanitaires erronées ou même des tentatives de modifier la composition ethnique des sociétés européennes.

L’arrêt des flux migratoires est possible, mais le « retour au pays d’origine » n’est qu’un concept utopique. Les États d’origine refusent souvent de recueillir leurs citoyens, surtout dans les cas des familles mixtes ou des couples. Les expulsions ne résoudront pas la problématique, car elles concernent une minorité des migrants et s’éloignent rapidement du but initial.

Pour Alain de Benoist, ce sont les tenants de la remigration qui sont trop optimistes : ils croient encore en l’opportunité d’éviter une catastrophe. Mais selon lui, le déclin est déjà en cours. Comme un objet qui a déjà glissé sur un plan incliné planté de clous, il n’est plus possible de remonter son parcours.

L’auteur insiste également sur la nécessité d’abandonner une perspective nationale pour adopter une vision impériale : la gestion des minorités ethniques doit être traitée en termes de fédéralisme, non pas de nationalisme. Il rejette l’idée d’assimilation et condamne toute tendance à transformer les sociétés européennes en États racistes.

En conclusion, le véritable enjeu est de reconnaître que la catastrophe migratoire a déjà eu lieu, et que la remigration n’est plus qu’une illusion dans un contexte où les solutions ne peuvent plus être trouvées.