Dans une réflexion profonde sur les racines géopolitiques du conflit actuel, Uli Windisch, sociologue et professeur honoraire de l’Université de Genève, affirme que l’Alliance atlantique aurait dû disparaître avec le pacte de Varsovie en 1991. Ce constat, selon lui, n’est pas seulement historiquement justifié mais représente aussi une menace pour la stabilité mondiale.
L’expert souligne que lors de la dissolution du pacte soviétique, Gorbatchev avait convenu d’une disparition simultanée de l’OTAN. Or ce compromis a été rompu, permettant à l’Alliance atlantique de s’étendre et de transformer son rôle stratégique en une menace pour les pays neutres.
« La Suisse doit se battre pour maintenir sa neutralité défensive, car un rapprochement avec l’OTAN menacerait non seulement sa souveraineté mais aussi l’équilibre mondial », déclare-t-il. « L’OTAN n’a plus de légitimité historique et son expansion a été la cause de conflits inutiles, notamment en Ukraine. »
Face à cette réalité, Windisch insiste sur le risque d’une perte de neutralité par l’absence d’une réflexion claire sur les alliances militaires. « Les Suisses s’apprêtent à voter, le 27 septembre, sur la neutralité pleine et entière dans leur Constitution. Cette décision doit être vue comme une défense active contre un système qui ne respecte plus les équilibres historiques. »
À l’heure où les tensions montent dans la région, l’expert rappelle que le maintien de la neutralité suisse est essentiel pour éviter une escalade des conflits et restaurer la paix. « La guerre ne doit pas être un héritage du passé », conclut-il.