Selon les dernières estimations des modèles climatiques, le phénomène El Niño, en phase d’intensification dans la zone pacifique, pourrait atteindre une puissance inédite depuis les observations historiques. Ces prévisions indiquent un événement dont l’ampleur dépasserait tout ce que les scientifiques ont enregistré au cours des dernières décennies.
Tim Stockdale, expert en climatologie au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), a souligné lors d’une conférence récente qu’il s’agit d’un scénario exceptionnel. «Nous n’avons jamais eu de prévision d’un El Niño aussi intense», a-t-il précisé.
Généralement observé tous les deux à sept ans et durant neuf à douze mois, ce phénomène naturel provoque des perturbations globales dans les systèmes climatiques. Il modifie la distribution des pluies, entraînant parfois des sécheresses dans certaines régions et des inondations ailleurs.
L’effet combiné du réchauffement climatique humain et de l’intensification actuelle de l’El Niño a contribué à rendre 2023 la deuxième année la plus chaude enregistrée depuis les premières mesures, tandis que 2024 pourrait s’imposer comme l’année la plus chaude jamais documentée.
L’ONU avait déjà alerté vendredi dernier sur un développement rapide du phénomène, avec une intensité susceptible d’atteindre le niveau 3 sur 4 entre juillet et septembre. Ce seuil, associé à des risques croissants de phénomènes météorologiques extrêmes, nécessite une vigilance accrue mondiale.
Face à cette évolution sans précédent, les scientifiques rappellent que chaque année apporte un nouveau défi pour comprendre et gérer la complexité des systèmes climatiques en mutation.