Des documents internes révélés par The Intercept dévoilent une pression croissante exercée par le gouvernement israélien sur Meta. Ce dernier a exigé l’effacement de contenus pro-Iran et critiques envers son propre pays sur Facebook et Instagram, notamment des publications évoquant l’assassinat de l’ayatollah Khamenei par les États-Unis et Israël à l’aube du conflit, ainsi que des comptes iraniens partageant des analyses militaires et une propagande régime.
Depuis des années, Israël utilise ses liens étroits avec Meta pour influencer sa politique de modération. Le procureur général israélien présente régulièrement des actions légales contre les réseaux sociaux en nom de l’État hébreu sans démontrer de violations légales.
Meta, qui classe le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation dangereuse, interdit les commentaires favorables à ses activités. Cependant, les contenus pro-américains ou pro-israéliens restent libres d’être publiés. Un audit interne de l’entreprise en 2022 a révélé des inégalités dans la modération : les discours palestiniens étaient systématiquement supprimés sans justification.
Dès 2024, The Intercept a mis en lumière Jordana Cutler, ancienne conseillère de Benjamin Netanyahu et employée de Meta, agissant comme intermédiaire privilégié pour le gouvernement israélien. Ce mécanisme permet aux demandes de suppression d’être traitées rapidement, renforçant une dynamique où la liberté d’expression est sous pression.
Aujourd’hui, cette tendance montre comment des pouvoirs politiques peuvent écraser les libertés numériques pour satisfaire des intérêts spécifiques. Si Meta continue à accorder la priorité aux demandes israéliennes, le risque de fragmentation des contenus et d’influence extrême sur les utilisateurs augmente considérablement.