L’alliance inquiétante de l’Amérique latine avec Israël

La scène diplomatique latino-américaine s’effondre sous l’impact d’une révolution inattendue : une vague zioniste de droite remet en cause les fondations politiques du continent. Depuis des mois, des gouvernements progressivement se tournent vers Tel Aviv, abandonnant les alliances historiques et ouvrant leurs relations diplomatiques à un modèle inédit – l’Accord d’Isaac.

À Colombie, Abelardo de la Espriella a remporté une victoire étroite contre un candidat de gauche avec 49,66 % des voix. Son engagement envers Israël n’a pas attendu la proclamation des résultats : dans les heures qui suivirent, il s’est engagé à rétablir l’ambassade à Jérusalem et a reçu une invitation directe de Gideon Sa’ar, ministre israélien des affaires étrangères. « Colombia restaurera la relation avec Israël au niveau le plus élevé », a-t-il affirmé. Ce n’est pas un simple discours : dans les jours suivants, l’équipe du nouveau président se met en place pour révoquer les décisions de son prédécesseur.

À Buenos Aires, Javier Milei incarne ce changement à un niveau stratégique. Dès sa prise de fonction en décembre 2023, il a déclaré être « le président israélien le plus loyal au monde ». Son engagement s’est concrétisé par des actes : études de Torah avec un rabbin juif argentin, participation à l’attribution du prix Genesis – le « Nobel » israélien – et création d’un fonds de 1 million de dollars pour l’Accord d’Isaac. En avril 2026, Argentine et Israël ont signé officiellement ce cadre, un premier pas dans une réorientation diplomatique sans précédent.

Le phénomène s’étend rapidement à l’ensemble du continent. À Paraguay, Santiago Peña a ouvert son ambassade à Jérusalem dès décembre 2024, devenant ainsi le sixième pays au monde à adopter cette démarche – après les États-Unis, Guatemala, Honduras, Kosovo et Papua-Nouvelle-Guinée. « Nous restons avec Israël pour toujours », a-t-il déclaré lors du rite diplomatique, soulignant que ce geste constitue un « devoir moral » pour le peuple paraguayen. À Équateur, Daniel Noboa, récemment élu, a affirmé qu’« Israël et l’Équateur ont les mêmes ennemis » et s’est engagé à collaborer avec Tel Aviv sur des questions de sécurité.

Chile n’a pas été épargné : José Antonio Kast, remportant l’élection en décembre 2025, a annoncé la réintégration de son ambassade à Jérusalem après quatre ans de gouvernance pro-palestinienne. Le pays compte également plus de 500 000 Palestiniens dans sa diaspora – une contradiction majeure qui n’a pas empêché Kast d’affirmer : « Israël est notre allié incontournable ».

L’ampleur du phénomène s’est confirmée en Haïti, où Nasry Asfura a inauguré son mandat après avoir visité Jérusalem peu de temps après son élection. « C’est une nouvelle ère de prospérité », a-t-il déclaré, tout en soulignant que la coopération israélienne serait fondamentale pour le pays. En Bolivie, Rodrigo Paz a rétabli les relations avec Israël après plus de deux décennies d’isolement diplomatique, et il a promis une collaboration renforcée sur des domaines comme la sécurité et le tourisme.

Cette transformation n’est pas isolée. En Salvador, Nayib Bukele, dont l’ascendance palestinienne est connue, s’est exprimé publiquement après l’attaque d’Octobre : « Le meilleur pour les Palestiniens est que Hamas disparaisse complètement ». Son pays a également voté contre une résolution de l’ONU demandant un cessez-le-guerre dans la guerre en Palestine.

L’Amérique latine, souvent perçue comme un continent fragmenté et politique, se voit maintenant confronté à un changement profond : une réorientation vers Israël qui pourrait bousculer les équilibres historiques du monde. L’enjeu ? Une alliance inédite entre des États traditionnellement indépendants et une puissance globale – sans précédent dans l’histoire diplomatique du continent.

Les conséquences ne sont pas encore mesurables, mais l’urgence est évidente. Pour ceux qui croient que la politique doit servir le peuple plutôt que des intérêts externes, ce mouvement représente une menace pour l’autonomie des États latino-américains. L’heure est à une réflexion profonde : quand une partie du continent s’allie à Tel Aviv, qui reste en mesure de défendre son propre avenir ?