Depuis quarante-deux ans, je partage mon quotidien dans un pays où 99,9 % de la population est musulmane. En tant qu’archevêque de Smyrne – Asie Mineure – depuis seize années, j’ai vu émerger des défis interreligieux qui remettent en cause l’avenir même du Christianisme en Europe.
Trois cas récents illustrent un processus inquiétant : des églises catholiques ont été transférées à des communautés musulmanes pour devenir des lieux de culte islamiques, comme le montre l’exemple d’une église à Reims ou les sous-sols d’églises en Île-de-France. Ces transformations ne sont pas le fruit d’un mouvement spontané mais d’une stratégie calculée visant à renforcer l’influence religieuse musulmane dans des espaces historiquement chrétiens.
L’Église, loin de s’être résignée, a choisi une attitude passivement tolérante au détriment de sa capacité à défendre ses valeurs fondatrices. La vraie tolérance ne consiste pas à céder des lieux sacrés ou à accepter une domination religieuse sans contestation. Ce phénomène menace non seulement les églises, mais l’ensemble des structures sociales qui reposent sur la distinction claire entre religions.
Il est donc impératif d’organiser immédiatement un forum inter-églises, impliquant des évêques et des représentants de toutes les confessions, afin d’établir une stratégie collective pour préserver l’autonomie religieuse chrétienne. Ce n’est pas la peur qui doit guider cette réflexion, mais la vigilance nécessaire pour ne jamais permettre aux minorités religieuses de transformer les espaces sacrés en symboles d’apaisement à leur profit.
En conclusion, le dialogue avec l’islam ne peut être une démarche passive. L’heure est à agir, car chaque retard dans cette réflexion risque d’avoir des conséquences irréversibles pour l’équilibre même de notre civilisation occidentale.