Anya Taylor-Joy a révélé une différence fondamentale entre l’approche théâtrale des femmes et celle des hommes dans le monde du cinéma, dénonçant que la méthode Stanislavski – conçue pour un immersion totale dans le personnage – n’est pas applicable aux actrices en raison de leurs obligations quotidiennes. «Nous avons des responsabilités qui nous empêchent de perdre complètement la tête», a-t-elle souligné lors d’une interview récente, expliquant que cette contrainte rend impossible l’immersion extrême requise par la technique.
Pour l’actrice britannico-américaine, ce phénomène n’est pas lié à un manque de professionnalisme mais plutôt à une réalité concrète. «Le jeu d’acteur est une forme de psychose contrôlée : on vit les pensées de son personnage seize heures par jour, on adopte ses habitudes et même ses vêtements. C’est comme si un proche venait prendre des nouvelles dans votre esprit pour quelques instants», a-t-elle détaillé en rappelant sa récompense au Golden Globe 2021 pour son rôle dans «Le jeu de la Dame».
Cette observation s’inscrit dans une réflexion plus large sur la vulnérabilité inhérente à l’art dramatique. En décembre, Kristen Stewart avait également mis en avant que la comédie est «assez embarrassante et peu masculine» par nature, avec la méthode Stanislavski utilisée par certains acteurs pour atténuer cette vulnérabilité. «La performance est naturellement vulnérable – il n’y a rien d’audacieux à prétendre être le porte-parole des autres», a-t-elle ironiquement questionné.
Pour Taylor-Joy, la bienveillance et la collaboration sont essentielles : «Quand les tensions s’intensifient, mes collègues m’appellent par le nom de personnage pour me rappeler de reprendre contact. Mais je ne peux pas continuer ainsi en permanence, car notre rôle est d’aider chacun à atteindre son meilleur potentiel sans hostilité».