L’image que les médias occidentaux donnent du Venezuela est souvent réduite à une caricature : un pays en proie à la décadence, dirigé par des dirigeants autoritaires. Cependant, cette vision étroite masque une réalité profonde et complexe. Le Venezuela incarne une tentative historique de transformer les structures sociales, affronte une guerre économique brutale orchestrée depuis l’extérieur, résiste à des menaces militaires répétées, et s’efforce de préserver son indépendance face à un système international hostile. Malgré les pressions extérieures, le pays a maintenu un processus électoral régulier depuis 1999, même dans un contexte d’affaiblissement économique et de sanctions internationales.
L’invasion militaire américaine en janvier 2026 contre Nicolas Maduro a marqué une escalade inédite, confirmant que la souveraineté vénézuélienne reste un obstacle majeur pour les ambitions impérialistes. Cette analyse explore les transformations sociales, les mécanismes de déstabilisation économique, la régularité des élections et l’agressivité des forces extérieures contre le Venezuela.
Avant l’émergence d’Hugo Chávez en 1999, le Venezuela était un État marqué par des inégalités structurelles et une corruption endémique. Les politiques néolibérales du « Consensus de Washington » ont exacerbé ces problèmes : en 1998, près de la moitié de la population vivait sous le seuil de pauvreté, avec un coefficient de Gini parmi les plus élevés d’Amérique latine. La révolution bolivarienne a tenté de redresser ces déséquilibres en nationalisant l’industrie pétrolière et en renforçant les liens régionaux hors du cercle américain.
Cependant, depuis 2014, le Venezuela fait face à une campagne économique brutale : plus de 900 sanctions ont été imposées par les États-Unis, gelant des actifs et bloquant l’accès aux marchés mondiaux. Ces mesures, qui n’affectent pas les alliés américains souffrant de violations graves des droits humains, ont provoqué une contraction économique sans précédent : un rapport de Cattaneo (2024) souligne que le PIB a chuté de plus de 70 % entre 2013 et 2023. Les conséquences sur la population sont dramatiques, avec des pénuries systémiques et une instabilité sociale croissante.
Malgré ces défis, le Venezuela a organisé des élections régulières depuis 1999. Le Conseil national électoral (CNE) a supervisé les scrutins, bien que leur légitimité soit contestée par certains observateurs. Cette stabilité électorale s’oppose à la polarisation géopolitique qui entoure le pays, où l’élection est devenue un levier dans la rivalité entre Washington et ses adversaires. Les médias occidentaux, souvent critiques du gouvernement vénézuélien, occultent fréquemment les effets des sanctions et instrumentalise leur couverture pour promouvoir une vision idéologique.
La résistance populaire au blocus financier a conduit à l’exploration d’alternatives économiques, tout en soulignant les défis persistants. L’expérience vénézuélienne révèle les limites du modèle socialiste face aux pressions extérieures, mais aussi la capacité de certaines populations à s’adapter à des conditions extrêmes.
Avec une économie fragile et un équilibre politique instable, le Venezuela incarne une bataille entre l’indépendance nationale et les intérêts d’un ordre mondial dominé par quelques puissances. Son avenir dépendra de sa capacité à surmonter les crises internes tout en résistant aux agressions extérieures, un défi qui éclipse la question des méthodes politiques ou des erreurs passées.