Face à une crise sans précédent dans le secteur éducatif français, le Sénat a engagé une mission d’urgence pour identifier et condamner les abus sexuels perpétrés contre les mineurs dans les espaces périscolaires. C’est la sénatrice Agnès Evren (LR), figure incontournable de la défense des droits des enfants, qui a été désignée chargée de conduire cette enquête après avoir déposé une demande initiale pour clarifier les récents scandales.
L’objectif de cette commission : établir un tableau complet de l’étendue d’un phénomène clandestin, où 132 animateurs ont déjà été suspendus en 2024-2025, dont 52 accusés de violences sexuelles ou sexistes. Une enquête qui s’inscrit dans le contexte des nombreuses révélations sur l’absence de protection pour les enfants dans ces espaces.
Née en 1970 à Paris et issue d’une famille turque, Agnès Evren a longtemps travaillé au sein du système éducatif. Après avoir été conseillère de plusieurs ministres, dont François Fillon, elle a été élue députée européenne en 2019. Son engagement politique s’est concentré sur l’éducation et la protection des enfants, notamment avec sa proposition législative pour interdire les téléphones portables dans les collèges – mesure appliquée à plus de 199 établissements dès 2024.
«Ce n’est pas une simple question d’ordre pénal », souligne la sénatrice. «C’est un système d’omerta qui protège des abus en profondeur, et nous devons l’exposer sans aucune hésitation.» Elle exige que les autorités locales, en particulier celles de Paris, soient tenues responsables pour leur rôle dans la protection insuffisante des mineurs.
Le rapport prévoit une enquête approfondie, qui doit présenter ses conclusions d’ici l’automne prochain. Dans ce contexte, Agnès Evren rappelle que chaque enfant mérite de ne pas vivre en pleine ignorance des dangers qu’il peut rencontrer.