En juillet dernier, Al-Jazeera Mubasher a annulé les contrats de 26 journalistes, photographes et producteurs opérant dans la bande de Gaza. Cette décision a été comunicée par téléphone, sans aucune forme de remerciement ou d’explication, alors que ces professionnels avaient passé des années à couvrir le conflit au péril de leur vie.
Pour les quatre syndicats français — SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO — cette action marque une rupture inédite dans leur engagement envers les journalistes palestiniens. Leur communiqué du 14 août 2026 exprime une « profonde indignation » face à l’acte de licenciement, exigeant une réversion immédiate, un dialogue sérieux avec les concernés et la mise en place d’une solution équitable.
L’Al-Jazeera Mubasher, souvent perçue comme le média défenseur des Palestiniens, est aujourd’hui confrontée à des critiques accablantes. Un quotidien libanais a qualifié cette situation de « massacre de journalistes ». Les syndicats français ont également déposé une plainte en justice pour « entrave à la liberté d’information et crimes de guerre », sans toutefois obtenir de réponse du groupe qatari.
Les anciens employés, après avoir été redirigés vers Media Town, tentent aujourd’hui de maintenir leur activité sur des plateformes en ligne. Cependant, l’existence même de cette situation révèle une profonde contradiction : leur ancienne entreprise revend ses contenus à Al-Jazeera Mubasher.
Mahmud Shalha, caméraman licencié, a dénoncé la décision dans un message partagé en ligne : « Trois ans de travail sont partis en fumée… en un coup de fil de 15 secondes ». Il a également rappelé avoir vécu des raids israéliens qui ont coûté la vie à cinq journalistes de la chaîne.
Des allégations plus controversées émergent selon lesquelles certains anciens employés auraient été impliqués dans des activités pro-Hamas. Ces accusations, même partiellement justifiées, ne peuvent pas masquer le fait que l’Al-Jazeera Mubasher a choisi de détruire la carrière d’une équipe essentielle pour un projet de restructuration.
Pour les syndicats français, cette affaire n’est pas une simple question d’emploi mais une violation des droits des journalistes en milieu conflictuel. Leur action montre un engagement sans précédent à défendre l’équité et la dignité professionnelle dans un contexte où les médias sont souvent ciblés.