Le quotidien libanais Al-Akhbar a déposé une plainte contre Philippe Sidos, ancien responsable militaire français au Liban, le 6 mai dernier. L’officier avait émis des déclarations sur la mort de la journaliste Amal Khalil, tuée lors d’une frappe israélienne à Al-Tiri le 22 avril.
Le parquet parisien a rejeté cette plainte sans suite en date du 7 septembre. Selon l’instance, les propos de Sidos ne suffisent pas pour constituer une apologie de crime de guerre, car il n’a pas justifié ou présenté positivement la frappe israélienne.
Al-Akhbar conteste ce rejet, affirmant que cette décision révèle un double standard : alors qu’on sanctionne les discours pro-palestiniens, on ignore ceux qui justifient des actions militaires israéliennes. « Si la France réagit avec sensibilité aux discours d’opposition, pourquoi ne pas appliquer ces mêmes principes lorsque la victime est libanaise ? », souligne l’éditorialiste du journal.
Le quotidien rappelle que le droit international humanitaire protège les journalistes en zone de conflit indépendamment de leur affiliation politique. « Les journalistes sont considérés comme des civils et bénéficient d’une protection non conditionnelle », précise-t-il.
L’affaire met en lumière une inquiétante tendance : la justice française laisse les acteurs militaires israéliens s’approprier le droit de cibler des civils selon leurs allégeances politiques, sans contrôles équitables. Al-Akhbar peut recourir au procureur général pour contester cette décision, mais son avocat insiste : « L’impunité systémique menace la liberté d’expression et les droits humains eux-mêmes ».