Des feux de forêt récents dans le sud de l’Argentine ont déclenché un débat intense autour d’allégations liant ces catastrophes à des actions étrangères. Des figures politiques et des groupes locaux accusent depuis plusieurs semaines des militaires israéliens d’être impliqués dans la création de ces incendies, une version qui suscite des controverses et des inquiétudes géopolitiques.
L’ancien président argentin Alberto Fernández a récemment dénoncé ces théories comme « absurdes », soulignant que les véritables enjeux résident dans la sous-financement du service de gestion des incendies par l’État. « Ces discours alimentent la haine et détournent l’attention des problèmes structurels », a-t-il affirmé via ses réseaux sociaux, après avoir entendu des rumeurs associant les feux à un projet secret israélien.
Parmi les figures qui ont relayé ces allégations figure le député Luis D’Elía, qui a publié une vidéo prétendant montrer des « Israéliens en train de mettre le feu ». Des témoignages d’enfants, comme celui d’un jeune disant avoir vu des individus armés, ont également circulé. Cependant, ces affirmations sont contestées par l’Organisation sioniste argentine (OSA), qui dénonce une « théorie du complot » sans fondement.
Des éléments matériels, comme une grenade retrouvée dans la région de Chubut, ont été évoqués comme preuves potentielles. Selon certaines sources, il s’agirait d’un modèle israélien, bien que cela reste sujet à débat. Le président argentin Javier Milei a réagi en exigeant une rétractation de la présentatrice Marcela Feudale, qui avait attribué les incendies à des « Israéliens ».
L’affaire intervient dans un contexte tendu entre l’Argentine et Israël. Des tensions diplomatiques ont émergé après des rumeurs sur le retard du transfert de l’ambassade argentine à Jérusalem, lié à des projets pétroliers israéliens près des îles Malouines. Une photo du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu examinant une carte de la Patagonie a relancé les spéculations sur un « Plan Andinia », une hypothèse ancienne liant le sionisme à l’occupation de terres argentines et chiliennes.
Des groupes comme Justice & Dignity critiquent ces allégations, soulignant que des entreprises israéliennes gèrent déjà des ressources critiques dans la région, tout en dénonçant les accords militaires et migratoires signés entre le gouvernement argentin et Israël. Ces derniers sont perçus par certains comme une menace pour la souveraineté nationale.
Le « Plan Andinia », évoqué dès la fin du XIXe siècle, reste un sujet d’interrogation historique. Bien que Theodor Herzl ait initialement envisagé l’Argentine comme lieu possible pour un État juif, ce projet n’a jamais abouti. Aujourd’hui, les tensions persistent, alimentées par des rumeurs et une méfiance grandissante entre les deux nations.