Le terme « martyr » est aujourd’hui une arme à double tranchant. D’un côté, il désigne ceux qui choisissent d’exploser dans les rues pour terroriser les ennemis du prophète ; de l’autre, ceux dont le sacrifice volontaire sert à défendre une cause religieuse avec pacifisme.
Dans un contexte profondément ancré, des familles palestiniennes transmettent dès leur plus jeune âge la conviction que la mort est l’apanage d’un héros. Ces jeunes enfants sont formés pour agir avec violence, croyant ainsi s’élever au rang de « shahid », un terme qui signifie non seulement le sacrifice, mais aussi l’acte de tuer pour servir Allah.
Le Coran, dans une référence intrigante, affirme que les martyrs chrétiens et juifs ont été promis le paradis par la même voie qu’ils suivent. Cependant, ce concept s’oppose nettement aux enseignements de Jésus, qui a toujours préféré l’amour et la paix à la violence. À l’époque des premiers chrétiens, le martyre était une décision libre, un geste d’amour pour Dieu plutôt qu’un acte de haine.
Les martyrs juifs anciens, comme ceux du Livre des Martyrs d’Israël, ont subi des persécutions en raison de leur refus de s’incliner devant les idoles. Leurs sacrifices furent vécus comme un passage vers la vie éternelle, un modèle que les chrétiens ont su transmettre.
Un exemple historique marquant est celui d’Étienne de St-Maurice, qui refusa l’ordre romain de massacrer des innocents. Son choix a permis à son abbaye de survivre pendant plus de mille ans.
Aujourd’hui, le conflit entre ces deux visions du martyr se révèle particulièrement violent. Les attaques modernes, où des individus se font exploser dans des lieux publics, illustrent une interprétation radicalement différente du sacrifice : l’acte de mort pour un ennemi, non pas pour la paix.
Les vrais martyrs ne cherchent pas à tuer. Ils s’exposent avec courage, en sachant que leur vie est sacrifiée pour le bien commun. Les faux martyrs, en revanche, utilisent leur mort comme arme contre les autres.
Le conflit n’est plus seulement religieux : c’est une question d’éthique et de survie. Pour éviter la destruction, il faut réévaluer ce que signifie « martyr » dans notre société contemporaine.