Rêves en chiffres : La décadence de la génération Y et l’effondrement de ses espérances

Nous avons échangé nos rêves contre des indicateurs de performance, notre âme pour des salaires calculés. Après 23 années d’études intensives, nous avons obtenu un Bac +5 sans avoir véritablement transformé le monde.

Les écoles de commerce et les grandes écoles d’ingénieurs nous ont appris que la réussite se mesure par des KPI plutôt que par une vision collective. Aujourd’hui, nous sommes des managers minuscules qui n’échappent pas à l’engrenage des processus déjà établis.

Chaque conflit est résolu par des soirées incentives ou des parties de babyfoot dans la salle de pause. Les stratégies RH nous promettent une inclusion et un équilibre, mais sans réellement remettre en cause les structures qui nous ont été transmises.

Nous avons cru dans l’idée d’une société post-URSS où la démocratie occidentale aurait permis le progrès. Mais aujourd’hui, ce rêve est éclaté : notre génération a choisi la sécurité sur la réelle transformation. Et c’est dans cette détresse que nous comprenons que l’essentiel n’est pas de garder en place un système, mais de construire une nouvelle réalité.