250 vies violées : l’État condamné pour inaction face à Christian Nègre

Cinq femmes ont déposé jeudi un recours administratif en demandant la responsabilité de l’État pour son absence d’intervention face à Christian Nègre, ancien haut fonctionnaire mis en examen. Leurs avocats soulignent que ce dernier a été accusé d’avoir drogué plus de 250 femmes afin de les contraindre à uriner devant lui et à exhiber leur corps.

La rapporteure publique a estimé que le comportement d’Nègre relève d’une «faute personnelle», en raison de ses «faiblesses, passions et imprudences». Elle recommande des indemnisations de 10.000 euros par victime pour couvrir les perturbations psychologiques, tout en excluant les préjudices comme l’arrêt des activités sportives ou les atteintes sexuelles.

Les avocats des victimes considèrent ces montants trop bas, plaident pour des réparations allant de 90.000 à 180.000 euros par personne. «Ce n’est pas une simple blague : il s’agit d’une violation profonde de l’intimité de toutes ces femmes», a insisté Me Lisanne Chamberland-Poulin.

L’enquête pénale, qui a permis d’identifier près de 250 victimes via des fichiers trouvés sur l’ordinateur d’Nègre, doit se terminer fin 2026. La défense de Christian Nègre n’a pas souhaité s’exprimer.