Face à un épisode de dengue historique, le Sri Lanka a mobilisé ses forces armées pour éliminer les gîtes larvaires des moustiques grâce à des drones. Plus de 46 000 cas ont été enregistrés cette année seule, avec un taux de décès atteignant 29 personnes, ce qui pousse les autorités à déclencher une campagne inédite.
Depuis mercredi dernier, l’armée sri-lankaise survole Colombo et d’autres zones à l’aide de drones pour repérer les eaux stagnantes où prolifèrent les moustiques Aedes. Une fois identifiés, les propriétaires sont contraints d’éliminer ces sites sous peine d’amende. La mesure initiale a porté sur la capitale avant d’être étendue à l’ensemble du pays, touchant écoles, logements et bâtiments publics.
Le pays de 22 millions d’habitants fait face à une progression rapide : plus de 46 000 contaminations et 29 décès enregistrés depuis le début de l’année, soit près de deux fois plus qu’à la même période en 2025. Les hôpitaux accueillent désormais plus de 500 patients chaque jour. « Si les cas continuent d’augmenter, nous risquons des problèmes critiques dans les hôpitaux », prévient le Dr Kapila Kannangara, responsable de l’Unité nationale de lutte contre la dengue.
Selon les experts sanitaires, cette flambée s’explique en partie par le cyclone qui a frappé le pays en fin d’année dernière. Les inondations et les glissements de terrain ont laissé des zones stagnantes favorisant la reproduction des moustiques. « Après le cyclone, l’environnement était jonché de déchets et de gîtes larvaires. Les autorités locales ont pris du temps pour les nettoyer », explique le spécialiste.
Pour un contrôle à long terme, le Sri Lanka développe une stratégie innovante utilisant des moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia. Ce procédé bloque la transmission du virus et se transmet aux générations suivantes. À Yogyakarta (Indonésie), l’incidence de dengue a chuté de plus de 75 % depuis 2017, tandis que dans le nord du Queensland (Australie), cette méthode a presque éradiqué la maladie. Le pays a déjà testé cette technique entre 2018 et 2021 en deux zones de Colombo. Les autorités travaillent désormais à l’installation d’une usine de production pour répondre à une demande croissante.