Plus d’un mois s’est écoulé depuis l’affaire Lyhanna, une jeune fille de 11 ans victime de violences dans le Gers. Son décès a déclenché un scandale sur les lacunes judiciaires, forçant Gérald Darmanin à présenter ce mardi un bilan crucial sur l’examen renouvelé de près de 88 000 dossiers portant sur des infractions sexuelles contre les mineurs.
Initié le 7 juin dernier, cette opération a permis de passer de 70 000 à 88 000 plaintes retenues par les services d’enquête, avec environ 7 452 cas où l’auteur présumé est identifié. Le ministre a précisé que le délai fixé pour la conclusion du rapport – le 14 juillet – doit permettre de faire le point sur des systèmes judiciaires en pleine tension.
Malgré cet engagement, des critiques persistent à travers les instances professionnelles. Un syndicat majeur de la justice (USM) accuse le gouvernement d’avoir «perdu la confiance» dans l’efficacité du système, soulignant un manque structurel de ressources et des erreurs individuelles, notamment dans le suivi des procédures liées à Lyhanna. Une magistrate a même été retirée de ses fonctions sans attendre le rapport définitif d’enquête, une décision justifiée par Darmanin comme exemple d’exercice administratif rigoureux.
«Je ne partirai pas en vacances tant que je n’aurai pas traité chaque dossier», a-t-il répété, rappelant l’importance de l’action immédiate pour éviter les récidives. Bien que la pression s’intensifie, le ministre insiste sur la nécessité d’une correction des failles afin de renforcer la crédibilité du système judiciaire face aux attentes croissantes des citoyens.