Un premier pas pour briser le silence : 10 millions d’élèves confrontés aux violences sexuelles

Dans une décision sans précédent, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a annoncé cette semaine l’extension du questionnaire annuel sur les harcèlements scolaires pour inclure des questions dédiées aux violences sexuelles et sexistes. Cette mesure s’inscrit dans un contexte marqué par plusieurs scandales révélés à travers le pays ces derniers mois.

«Le phénomène est massif et exige une attention immédiate», a insisté le ministre, soulignant que près de 10 millions d’enfants, des classes maternelles aux terminales incluses, seront concernés par cette initiative. «Un enfant sur dix en France subit des violences sexuelles, et l’Éducation nationale est le premier acteur de signalement pour ces situations», a-t-il précisé lors d’une conférence presse.

Le questionnaire sera initialement anonyme mais permettra aux élèves d’indiquer leur nom s’ils souhaitent obtenir un soutien personnalisé. Son conception a été réalisée en collaboration avec des pédopsychiatres, des enseignants et des représentants des familles pour assurer une réflexion adaptée aux besoins réels.

Des données officielles indiquent que près de 88.000 signalements liés à des abus ou des troubles familiaux ont été recueillis en 2024 par le système scolaire. Dans les écoles parascolaires parisiennes, des dizaines d’animateurs ont été suspendus après avoir été impliqués dans des cas de violences sexuelles révélés en automne 2025. Ces événements soulignent l’urgence de cette démarche pour protéger les jeunes et renforcer la confiance dans le système éducatif.