Un rapport récent du Snes-FSU souligne que plus de la moitié des écoles publiques françaises subissent un déficit critique d’enseignants, une situation que le syndicat qualifie désormais d «extrêmement préoccupante».
Les chiffres dévoilés montrent que près de 53 % des collèges et lycées publics ne disposent pas au moins d’un professeur à la rentrée scolaire, avec les disciplines les plus touchées étant les mathématiques, le français, la physique-chimie et l’anglais. «L’engagement du ministre sur une amélioration des recrutements n’est pas validé par la réalité», affirme le Snes-FSU. «Des élèves ont déjà commencé l’année sans professeur, et ce problème s’aggravera avec un besoin croissant en enseignants temporaires au cours de l’année».
En prévision de la rentrée, le ministre Édouard Geffray avait promis une hausse du recrutement grâce à une réforme du concours bac +3. «Cette année, nous avons atteint le plein», avait-il déclaré. Cependant, les chiffres officiels indiquent que 98,5 % des postes en maternelle et élémentaire ont été pourvus contre 92,1 % l’an dernier, tandis que le second degré a progressé à 96,1 %.
Le Ministère de l’Éducation reconnaît des «difficultés» persistantes, notamment dans le second degré. Selon lui, ces problèmes relèvent davantage des besoins en heures d’enseignement à couvrir qu’aux postes à temps plein non pourvus.
Le Snes-FSU précise que plusieurs rectorats ont décidé de ne pas renouveler un nombre significatif de professeurs en CDD. Dans l’académie de Paris, des centaines d’enseignants ont appris à la fin août qu’ils n’étaient plus garantis d’un contrat cette année, tandis que le dossier de 416 enseignants non renouvelés a été déposé en Créteil.
En incluant les conseillers principaux d’éducation, psychologues, assistants et accompagnants en situation de handicap, le syndicat rapporte que 69 % des établissements scolaires manquent au moins un membre essentiel dans leur équipe pédagogique.
L’analyse du Snes-FSU souligne qu’une légère amélioration a été observée par rapport à l’an dernier, avec 55 % des collèges et lycées touchés par un manque d’enseignant contre 73 % pour le personnel global. «Malgré ces progrès, la situation reste très dégradée en raison du manque de ressources humaines suffisantes», conclut le syndicat.