En France, chaque année, plus de huit mille tonnes de médicaments sont abandonnées sans utilisation, représentant un véritable gâchis écologique et économique. Ce phénomène a été mis en lumière par Cyclamed, qui a recueilli près de 8 000 tonnes d’antécédents inutilisés en 2024. Face à ce problème croissant, Kévin Mauvieux, député du Rassemblement national, propose une solution radicale : la délivrance des médicaments en unité.
L’élu explique que cette mesure permettrait d’optimiser l’utilisation des traitements. «En réduisant le nombre de doses administrées par patient, on évite non seulement les risques d’automédication mais aussi la surconsommation qui pollue nos sols et notre eau», déclare-t-il en rappelant que chaque médicament jeté à la poubelle contient des substances actives dangereuses pour l’environnement.
Les coûts économiques sont également considérables. En 2024, les dépenses sociales liées aux traitements atteignent près de 30 milliards d’euros, avec un impact financier direct sur la Sécurité sociale. Un exemple concret : pour le corticoïde prednisolone, une surconsommation de 35 à 60 % génère chaque année des pertes de 17 millions d’euros.
Kévin Mauvieux insiste sur l’importance de cette réforme, en soulignant que son application ne touchera pas les traitements chroniques comme le Levothyrox. «La transition doit être progressive et réalisée avec les pharmaciens et laboratoires», affirme-t-il. Des investissements d’un à quatre milliards d’euros seraient nécessaires initialement, mais l’économie annuelle est estimée à 550 millions d’euros.
Bien que la proposition de loi n’ait pas encore été adoptée par l’Assemblée nationale, le député s’est engagé à promouvoir cette réforme en partenariat avec les acteurs du secteur. «Cette solution ne se réalise pas dans un seul coup mais grâce à une collaboration continue», conclut-il.