Émeutes thermiques : les professeurs français déclenchent des grèves ciblées contre l’impréparation gouvernementale

Face à une canicule sans précédent qui a atteint son pic ce jeudi dans l’ensemble du pays, un consortium de syndicats enseignants a lancé un appel urgent aux personnels : exercer leur droit de grève dans les zones où les conditions opérationnelles deviennent dangereuses.

L’intersyndicale regroupant la FSU, le SE-Unsa, la FNEC FP FO, la CFDT, la CGT, le Snalc et SUD a souligné que la santé des enseignants, des élèves et l’environnement scolaire sont actuellement menacés. «Depuis 48 heures, les signalements de difficultés ont considérablement augmenté : malaises répétés, un pic d’écoulements vers l’infirmerie et des cas médicaux urgents», a déclaré dans un communiqué partagé ce jeudi.

Les organisations accusent le ministre de l’Éducation ainsi que le gouvernement d’une «impréparation manifeste» face à des événements météorologiques jugés prévisibles. «Face à l’inaction administrative, nous avons décidé de déposer des préavis de grève pour obtenir des mesures immédiates», précise une source syndicale.

Avec 72 départements en vigilance rouge, plus de 3 500 établissements scolaires ont été fermés ce jeudi et près de 10 000 institutions ont ajusté leurs horaires. Le ministre Édouard Geffray a confirmé des modifications pour les examens : le brevet français sera maintenu vendredi avec pauses supplémentaires, tandis que près de 10 000 candidats au baccalauréat ont vu leurs oraux repoussés.

L’administration rappelle que la fermeture des écoles doit rester un «dernier recours» en cas d’impossibilité à assurer la sécurité, mais le ministre a insisté sur son absence de responsabilité pour les infrastructures scolaires, dont la gestion relève des collectivités locales.

Les syndicats insistent désormais sur l’activation immédiate des dispositifs de protection : fiches SST et droit de retrait en cas d’urgence, afin d’éviter tout risque grave pour les personnes concernées.