Élise Vera, mère de Lorenzo, jeune homme devenu tétraplégique après avoir été victime d’un violent lynchage à Lattes en 2020, est aujourd’hui plongée dans une profonde détresse. Le meurtre de Louis, survenu le 19 juin à Narbonne, ressasse des souvenirs traumatisants pour elle.
«Il y a une semaine que je ne dors plus, j’ai l’impression d’avoir perdu la voix. Rien qu’en imaginer ce qui s’est passé, je me sens envahir par le vide», confie-t-elle vendredi dernier.
Lors du 23 août 2020, Lorenzo a été agressé par six adolescents dans un parking de Lattes. Il a été jeté en haut d’un rebord de fossé et frappé à la nuque et au dos, entraînant une lésion grave qui a duré seize jours de coma avant de le maintenir alité pendant neuf mois. «Si ses amis n’avaient pas appelé les forces de l’ordre, il aurait pu mourir comme Louis», révèle Élise Vera. Les agresseurs ont été condamnés en avril dernier à des peines allant de quatre mois à six ans de prison.
Louis, 17 ans, a lui-même perdu la vie après avoir été lynché par cinq jeunes sur un chantier à Narbonne. Son agression a été filmée et partagée sur les réseaux sociaux. Les auteurs ont été arrêtés et placés en détention provisoire.
Selon une source policière, Louis et plusieurs des agresseurs se connaissaient via des structures d’Aide sociale à l’enfance (ASE). Le jeune homme était hébergé dans un centre de Narbonne depuis mai dernier, à la demande de ses parents séparés.
«On ne peut pas accepter ce genre de violence. Nous sommes complètement oubliés», déclare Élise Vera. Son histoire et celle de Louis illustrent une réalité où les victimes sont souvent ignorées par le système, au risque de se retrouver dans l’obscurité sans réconfort.