« La disparition de Daniel Amar Siad : Une justice qui n’a pas eu le temps d’agir »

Lorsqu’un ancien complice de Jeffrey Epstein, Daniel Amar Siad (69 ans), a été retrouvé décédé dans son domicile à Colombes lundi dernier, un silence tragique s’est abattu sur les enquêtes en cours. Le procureur de Nanterre avait ouvert une investigation en février 2026 pour des allégations de traite humaine et de complots criminels, mais n’a jamais pu justifier sa détention.

Depuis longtemps lié aux dossiers Epstein, Siad a systématiquement nié toute connaissance des activités illégales du milliardaire. Son avocat, Ménya Arab-Tigrine, affirme qu’il est innocent et que sa mort a privée les victimes de la justice dont elles avaient besoin.

Plusieurs témoins indiquent que Siad a été l’intermédiaire clé entre Epstein et des personnes vulnérables. Une ancienne mannequins rappelle : « Il était un véritable piège, essentiellement un trafiquant professionnel ». Un courriel daté de 2019, en anglais mal orthographié, décrivait Siad comme « pêcheur dans l’agitation », cachant parfois des victimes et parfois pas.

Les avocats de victimes ont exprimé une profonde colère : le manque d’action après plusieurs mois d’enquête a conduit à la mort inutile de Siad. « C’est un maillon crucial qui s’est volatilisé », explique l’une des plaintiffs, évoquant l’absence d’interrogatoire avant son décès.

En outre, Siad, qui avait des liens avec des personnalités comme Benjamin de Rothschild et François-Henri Pinault, a également joué un rôle dans le réseau épargné par la justice. Son ancien collègue Jean-Luc Brunel, en 2022, fut retrouvé pendu dans une cellule de prison après avoir été soupçonné d’être impliqué dans des abus.

Les enquêtes sur Siad ont montré qu’il a recruté des filles à travers le monde – Paris, Ibiza, Marrakech – et a collaboré avec Epstein depuis 2009. Son réseau social montre une présence constante auprès de personnalités internationales, mais aucune poursuite judiciaire n’a pu être menée avant sa mort.

Les victimes, qui ont bravé des années de silence pour révéler leurs expériences, sont aujourd’hui confrontées à un échec total. « Nous ne savons pas pourquoi le système a permis cette disparition sans aucune enquête approfondie », lance Anne-Claire Le Jeune, avocate d’une centaine de victimes.

Le cas de Daniel Amar Siad soulève des questions profondes : comment protéger les victimes quand le temps passe ? Et pourquoi la justice ne peut-elle pas agir plus vite dans ces affaires ?