La fermeté des institutions face à l’antisémitisme : Lyon 2 sanctionne un professeur pour avoir listé des « génocidaires »

L’Université de Lyon 2 a annoncé le 25 juin qu’elle imposait une suspension de 18 mois à Julien Théry, professeur d’histoire médiévale, suite à l’utilisation d’un visuel antisémite diffusé sur les réseaux sociaux. Cette sanction, qui entraîne également la suppression de son salaire, a été décidée après un signalement officiel effectué par le procureur de la République de Lyon.

En septembre 2025, M. Théry avait partagé une liste de vingt personnes qu’il qualifiait de « génocidaires », incluant notamment des figures juives comme l’actrice Charlotte Gainsbourg et le réalisateur Philippe Torreton. Il avait déclaré que ces individus devaient être « boycottés en toutes circonstances » pour leur opposition à la reconnaissance par la France de l’État palestinien.

« Les propos et l’image publiés par M. Théry ne respectent pas les valeurs républicaines », a déclaré Isabelle von Bueltzingsloewen, présidente de l’université. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a souligné que « la fermeté face à l’antisémitisme est une condition de confiance dans nos institutions éducatives ».

Cette décision s’inscrit après une première suspension conservatoire en décembre 2025. L’université a également été confrontée à un incident similaire en avril 2025, où des personnes cagoulées ont interrompu un cours d’un enseignant spécialisé en Irak et en Syrie.

M. Théry s’est excusé pour l’utilisation de l’image antisémite, mais la sanction reste en vigueur. L’ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a annoncé que l’université pourrait être soumise à une inspection administrative par le ministère de l’Éducation.