La France face à un absentéisme sans précédent : le seuil critique de 4,68 %

Une cinquième édition de l’observatoire des arrêts de travail menée conjointement par APICIL et JLO révèle que le taux d’absentéisme en France a atteint un niveau inédit : 4,68 %. Ce chiffre dépasse largement la moyenne de 2024 (4,41 %) et égalise même le pic historique relevé en 2022 (4,61 %).

Plus d’un quart des salariés (27,68 %) a connu au moins un arrêt de travail cette année. La hausse s’explique principalement par une augmentation significative des absences de plus de 90 jours, désormais représentant plus de la moitié du taux global (+0,21 point). Parallèlement, le micro-absentéisme – c’est-à-dire les arrêts d’une durée inférieure à trois jours – a enregistré une croissance fulgurante : il touche désormais 23,55 % des employés, soit plus de 70 % de hausse depuis 2022.

« L’absentéisme n’est plus un phénomène ponctuel mais une tendance en progression constante », souligne Thomas Perrin, directeur général adjoint d’APICIL. « Les facteurs structurels tels que l’exposition accrue des femmes et la vulnérabilité croissante avec l’âge représentent désormais les leviers clés de cette crise. »

Stéphane Roose, du cabinet JLO, précise : « L’absentéisme est un indicateur vital pour évaluer la santé des salariés et le fonctionnement interne des entreprises. Pour y répondre efficacement, il faut agir sur les causes profondes plutôt que sur les symptômes. »

Les recommandations incluent une amélioration des conditions de travail, des mesures ciblées pour réduire l’usure physique et psychosociale, ainsi qu’un accompagnement personnalisé pour les cas prolongés. L’observatoire insiste : « Sans actions rapides, ce pic d’absentéisme pourrait affecter la stabilité du marché du travail sur le long terme. »