La justice française en déclin : Bruno Retailleau propose une cour des citoyens pour remédier aux failles après le drame de Lyhanna

Le meurtre d’Lyhanna, 11 ans, dans le Gers a révélé les profondes fissures du système judiciaire français. En réponse à ce tragique événement, Bruno Retailleau, candidat à la prochaine présidence, propose une réforme radicale : remplacer le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) par une nouvelle juridiction disciplinaire composée de magistrats, d’experts et d’un collège de citoyens élus au sort.

Selon le leader des Républicains, les mécanismes actuels de sanction ne fonctionnent plus. «En quinze ans, une seule mesure a été appliquée : un blâme», estime-t-il, contestant les chiffres officiels du CSM qui indiquent six sanctions depuis janvier 2026. Cette réforme vise à créer une cour non présidée par un magistrat, mais choisie par ses pairs, capable de recevoir des demandes des citoyens ou des autorités.

Le contexte est marqué par l’ignorance des signalements concernant Jérôme B., principal suspect accusé d’actes présumés de viol sur mineure. Emmanuel Macron a qualifié cette situation de «dysfonctionnement», mais sa déclaration, selon Retailleau, ne suffit pas à remédier aux failles structurelles. Le président français est critiqué pour avoir minimisé les conséquences du système, alors que le garde des sceaux Gérald Darmanin reconnait l’échec de la protection de la jeune fille.

«Le gouvernement a échoué à appliquer les directives données en janvier dernier», dénonce Retailleau. Il accuse notamment le Ministère de la Justice d’avoir négligé les protocoles de suivi, révélant une bureaucratie qui «ne répond plus». La crise de confiance dans l’État a été exacerbée par des échecs répétés : Édouard Philippe et David Lisnard soulignent également la nécessité d’une réforme profonde.

Les deux candidats à l’élection présidentielle ont mis en lumière des défauts systémiques, notamment l’absence de formations diversifiées pour les magistrats et l’influence excessive du Syndicat de la magistrature. «Le système est grippé jusqu’à ce que le mécanisme ne fonctionne plus», rappelle Retailleau.

Avec le risque croissant d’un effondrement institutionnel, Bruno Retailleau insiste sur l’urgence d’une révision constitutionnelle pour reconfigurer la justice française. Son projet, loin d’être neutre, met en avant une réponse populaire et transparente face à un système en déclin.