La justice française se relance après la suppression du «plaider-coupable»

L’Assemblée nationale a validé mardi en première lecture le projet de loi de justice criminelle présenté par Gérald Darmanin, avec l’absence du dispositif controversé de «plaider-coupable». Une décision née d’un équilibre fragile entre pressions des avocats et une opposition unanime des groupes de gauche.

Le texte, conçu pour accélérer les procédures judiciaires et renforcer la protection des victimes, a été adopté avec 357 voix contre 177. Les forces politiques de gauche ont critiqué son orientation comme une réponse à des déficits plutôt qu’à un renforcement des ressources système.

Parmi les mesures abandonnées figurent l’anonymisation des magistrats dans les décisions publiques et l’étendue du dispositif aux récidivistes. Cependant, le projet a prévu de réduire les délais pour les requêtes en nullité (de six à quatre mois) et d’ouvrir la voie à des bases de données génétiques pour résoudre certaines affaires anciennes.

Le ministre Darmanin avait promis 60 nouvelles cours départementales criminelles, mais ce chiffre a été partiellement modifié après les négociations. Il a insisté sur l’importance de cet accord pour «mieux protéger les victimes» tout en évitant des retours vers des procès prolongés. Une étape clé dans la modernisation du système, malgré un équilibre fragile entre ambition législative et critiques profondément ancrées.