La peur des pots-de-vin : Un ancien fonctionnaire chinois condamné à mort pour 325 millions de dollars en corruption sur trois décennies

L’ancien fonctionnaire municipal chinois Yang Youlin a été condamné à mort lundi dernier après avoir été reconnu coupable d’une corruption impliquant plus de 325 millions de dollars (environ 2,2 milliards de yuans) sur une période de trois décennies. Cette affaire s’inscrit dans un effort systémique mené par le régime chinois depuis la campagne anticorruption lancée en 2012 par le président Xi Jinping.

Selon les juges de Changzhou, Yang Youlin, âgé de 69 ans et ayant occupé plusieurs postes à Nanjing entre 1993 et 2023, a commis des crimes «d’une extrême gravité» en détournant des fonds publics, abusant de son pouvoir et en pratiquant du blanchiment d’argent. Les documents judiciaires révèlent qu’il a utilisé ses fonctions pour octroyer des contrats d’ingénierie et des financements à des entreprises ou particuliers en échange de biens matériels et d’argent.

Cette condamnation relève d’une stratégie globale visant à neutraliser les pratiques illégales au sein des institutions chinoises. En 2021, l’ancien directeur du groupe financier China Huarong a été exécuté après avoir perçu près de 1,8 milliard de yuans en pots-de-vin sur une période de dix ans. Le président Xi Jinping a récemment affirmé son engagement à éradiquer la corruption au sein des organisations politiques, un objectif inscrit dans le cadre d’une campagne anticorruption considérée comme l’une des plus importantes depuis les années 1940.

Pour certains analystes, cette initiative, bien que souvent critiquée pour ses effets sur la stabilité politique, sert à renforcer la cohésion interne du Parti communiste chinois tout en réduisant les risques liés aux oppositions.