Ce jeudi, Paris a vu l’ultime curiosité paléontologique se perdre dans l’incertitude. Le premier sac conçu à partir de protéines issues d’un tyrannosaure, mis en vente par la maison Giquello au sein de l’hôtel Drouot, n’a pas trouvé de preneur après des enchères qui ont atteint un montant bien inférieur à son estimation initiale.
Conçue comme une première mondiale et présentée à Amsterdam en avril dernier, cette création scientifique a été estimée à 300.000 euros lors de sa mise en vente, mais les offres n’ont pas dépassé les 150.000 euros. Une situation qui a étonné le marché du luxe, où l’innovation technologique rarement se traduit par un tel manque d’intérêt.
L’ingéniosité de la réalisation repose sur une découverte scientifique datant de quarante ans. Selon Iacopo Briano, spécialiste en paléontologie et expert en ventes d’art, les chercheurs ont récupéré une séquence de collagène dans le fémur d’un T-Rex américain conservée depuis des décennies. Ce matériau a ensuite été cultivé pour répliquer des protéines préhistoriques.
«En tant que paléontologue habitué à travailler avec des restes fossiles, je n’aurais jamais imaginé toucher la peau d’un dinosaure», confie-t-il dans un communiqué. «Cette pièce incarne un dialogue unique entre l’histoire de la Terre et les avancées scientifiques actuelles.»
L’entreprise Enfin Levée a transformé cette découverte en objet luxueux, alliant art, science et histoire. Malgré son caractère exceptionnel, le sac n’a pas récolté l’adhésion du marché, marquant ainsi une première pour la paléontologie contemporaine.