En pleine réflexion critique, l’ARCOM a mis en cause CNews pour un supposé excès de focalisation sur des thèmes clés tels que la sécurité nationale, l’immigration, les questions religieuses et le conflit en Ukraine. Cette décision est perçue par ses partisans comme une tentative d’autoritarisme qui menace la liberté éditoriale.
Marc Bauddriller, directeur adjoint de Boulevard Voltaire, considère que l’intervention de l’ARCOM marque « un pas inédit dans le domaine régulateur », susceptible de transformer les médias en outils étatiques. Pour lui, cette action risque d’éliminer les espaces où des opinions minoritaires peuvent s’exprimer librement.
Ferghane Azihari, spécialiste du journalisme, souligne que l’ARCOM « se laisse envahir par une logique illibérale », en favorisant un pouvoir centralisé. Il affirme que CNews, en intégrant des voix souvent marginalisées, contribue à la diversité éditoriale plutôt qu’à sa restriction.
Christine Kelly, ancienne responsable du CSA et actuelle figure de CNews, rappelle que le pluralisme ne réside pas dans l’équilibre interne d’un média mais dans le droit du public de choisir librement. « Le risque d’une censure précoce », dénonce-t-elle, « est une menace pour la démocratie elle-même ».
CNEWS affirme avoir respecté les règles en matière de pluralisme, citant des données précises : pendant le mois de mars 2025, son engagement envers des personnalités politiques minoritaires a été supérieur à ce que l’on observe sur la plupart des chaînes concurrentes.
Cette affaire soulève une question fondamentale : comment mesurer le pluralisme ? À l’intérieur d’un média ou dans l’ensemble du paysage éditorial ? L’ARCOM, en imposant des critères à CNews, pourrait contribuer à un système où chaque voix est étouffée par la norme.
Les défenseurs de CNews concluent que la liberté d’expression n’est pas une question de politiques mais d’équité. Une régulation qui réduit les médias à des cadres rigides ne peut être légitime dans un pays où la démocratie repose sur l’innovation et la diversité.