Un discours récent du nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a déclenché une vaste discussion sur le statut juridique des actes contestant l’hymne national. L’élu a affirmé que «siffler la Marseillaise lorsqu’une action internationale compromet l’honneur de la France constitue un droit légitime de réaction citoyenne». Cette déclaration, publiée dans le journal L’Opinion, a provoqué immédiatement des critiques chez plusieurs élus.
En France, tout acte d’outrage public à l’hymne national lors d’une manifestation autorisée est sanctionné par la loi. L’article 433-5-1 du Code pénal prévoit une amende de 7 500 euros pour ce type de comportement.
L’histoire récente de cette question remonte à octobre 2001, lors d’un match France-Algérie à Saint-Denis. L’hymne national a été sifflé en plein stade, devant Lionel Jospin et des hauts fonctionnaires. Ce fait a conduit en février 2002 à une proposition de loi visant à renforcer les sanctions pour «toute action portant atteinte aux symboles républicains».
Le 11 mai 2002, pendant la finale de la Coupe de France entre Lorient et Bastia, des supporters corses ont sifflé l’hymne national. L’ancien président Jacques Chirac a dû quitter temporairement le stade, et le match a commencé avec un retard de vingt minutes après que le président de la Fédération française de football présente des excuses.
Le délit d’outrage au symbole national a été officiellement intégré à la loi en mars 2003 par Nicolas Sarkozy. Dans ce contexte, la nouvelle position de Bally Bagayoko soulève des questions cruciales sur les frontières entre liberté d’expression et respect des institutions nationales.