Ce mardi 7 juillet, la cour d’appel de Paris a rendu une décision qui marque un tournant pour l’histoire politique française. Marine Le Pen est condamnée à trois ans de prison (dont un an en bracelet électronique) et à quarante-cinq mois d’inéligibilité, trente mois avec sursis.
Ce procès en appel, portant sur des allégations de détournement de fonds européens par le Rassemblement National depuis 2017, a duré plus de dix ans. L’enquête initiale avait révélé que vingt assistants parlementaires du parti étaient rémunérés avec des ressources européennes sans être conformes aux normes légales. Le Parlement européen, en 2017, a fait savoir à l’administration française cette constatation, déclenchant une enquête préliminaire au parquet de Paris.
Marine Le Pen, mise en examen pour abus de confiance en juin 2017 et requalifiée en détournement de fonds publics en octobre 2018, a défendu sa position avec une fermeté marquante devant les juges. «Votre opinion était déjà faite, nos arguments évacués», a-t-elle déclaré. Les avocats du Parlement européen ont insisté sur son rôle central dans un système de détournements, considérant qu’elle a instigé l’infraction au cours des années.
La décision finale confirme la responsabilité légale de Marine Le Pen en tant que eurodéputée et présidente du RN. Son parti est désormais confronté à une épreuve inédite : réconcilier son image avec cette condamnation tout en préparant sa candidature pour les élections présidentielles de 2027, à déclarer ce mardi soir sur TF1.