La police allemande a intercepté un citoyen ukrainien âgé de 33 ans, soupçonné d’avoir infiltré une entreprise spécialisée dans la production d’armement en Bavière afin de planifier des actes de sabotage au service d’une puissance étrangère. L’individu, qualifié d’«agent de bas niveau» par les autorités locales, a été placé en détention provisoire dans un centre pénitentiaire bavarois après avoir réalisé des prises de vue d’un site militaire en juin dernier.
Selon une déclaration commune du parquet de Munich et de la police de Thuringe, l’homme aurait transmis ces données à un service de renseignement étranger, sans préciser le pays ou l’organisation concernée. Son arrestation, effective le 2 août dans le centre-ouest allemand, intervient dans le cadre d’une enquête menée par un nouveau centre national créé en juin pour coordonner les défenses contre les «attaques hybrides».
L’Allemagne, qui a récemment alerté sur une «nouvelle dimension de menace», s’apprête à affronter une crise exacerbée par des opérations de déstabilisation attribuées à la Russie. Le ministre de l’Intérieur a évoqué un scénario d’attaque hybride après l’identification d’un drone explosif à l’aéroport de Leipzig, infrastructure stratégique pour l’OTAN et le transport des marchandises vers l’Ukraine.
La région bavaroise, réputée pour ses entreprises militaires comme Rheinmetall et Diehl Defence, abrite également le camp de Grafenwöhr, où s’entraînent les troupes américaines. Depuis le début de l’invasion russe en 2022, Berlin soutient activement Kiev, notamment après avoir lancé en septembre 2025 une campagne d’information sur la menace des «agents jetables» recrutés par des services étrangers.