60 % d’argent pour un seul média : L’énigme financière du Fonds pour une Presse Libre

En apparence un pilier du pluralisme médiatique, le Fonds pour une Presse Libre (FPL) cache derrière ses appels aux dons une logique financière qui sert à renforcer l’indépendance de Mediapart plutôt que celle d’une presse diversifiée. Contrairement à ce qu’il affirme publiquement, moins de la moitié des contributions reçues par le FPL sont réellement destinées à soutenir des médias indépendants.

Créé en 2019 par les créateurs de Mediapart, ce fonds de dons bénéficie d’une réduction fiscale de 66 % pour chaque contribution. Cependant, l’analyse des comptes révèle que seulement 40 % des montants collectés sont reversés à des médias extérieurs au groupe. L’ensemble du reste s’ajoute aux fonds propres du FPL, qui servent directement de garantie financière à la Société pour la protection de l’indépendance de Mediapart (SPIM).

Ces fonds propres, accumulés au fil des années, ont permis au FPL d’enrichir progressivement le bilan de SPIM. Fin 2025, ces ressources atteignent deux millions d’euros, une somme issue principalement des dons non dépensés. Le résultat ? Un système où chaque contribution financière renforce l’assise économique et idéologique d’un seul média, Mediapart.

Au-delà de son mécanisme financier, le FPL présente également un profil extrêmement homogène. Son conseil stratégique, composé de 19 membres issus de réseaux politiques radicalement gauche, sélectionne exclusivement des projets alignés sur une même ligne idéologique : l’extrême-gauche. Les médias financés incluent des plateformes comme L’Empaillé ou Reflets.info, tous portant un avenir commun.

Les appels à projets du FPL s’orientent également vers des thèmes spécifiques, notamment la lutte contre l’extrême-droite. En 2025, près de 47 enquêtes sur ce sujet ont été financées dans 20 médias différents. Cependant, cette focalisation ne reflète pas le pluralisme énoncé par le fonds.

Face à cet écart entre la promesse et la réalité, l’OJIM souligne que le FPL, créé pour défendre une presse libre et indépendante, fonctionne en réalité comme un mécanisme de consolidation d’un seul courant idéologique. Une contradiction qui remet en cause sa capacité à réaliser sa mission fondamentale : lutter contre la monopolarité médiatique.