Les parchemins du Moyen Âge gardent des secrets de virus anciens

Des chercheurs de l’University College Dublin ont découvert que des manuscrits médiévaux datant de plus de 3.700 ans contiennent des résidus génétiques d’un virus responsable d’épidémies historiques. Cette étude, publiée en septembre 2026 dans Science Advances, permet de reconstituer l’histoire millénaire du virus responsable de la clavelée ovine, une maladie qui a affecté les troupeaux depuis l’âge du bronze.

En analysant plus de 750 échantillons prélevés dans des sites éurasiens couvrant près de 14.000 ans, les scientifiques ont identifié 39 cas anciens et retrouvé 21 génomes viraux distincts. L’analyse non invasive utilisant des gommes spéciales a permis d’éviter tout dommage aux manuscrits, y compris le Corpus Glossary (VIIIe-Xe siècles) et les Évangiles de York (Xe siècle).

L’oldest trace détectée remonte à environ 1700 avant Jésus-Christ, sur des dents de mouton trouvées en steppe éurasienne. Cette découverte confirme que le virus a peu varié au cours des siècles, tandis qu’une lignée disparue s’est propagée particulièrement en Europe médiévale. En Grèce en août 2024, une récidive similaire a entraîné plus de 480 000 abattages sanitaires, soulignant l’importance des recherches sur ces traces historiques.

Ces parchemins, autrefois silencieux, deviennent ainsi des archives vivantes pour comprendre les épidémies passées et prévenir celles futures.