Après un événement rare et tragique dans un lycée philippin, les autorités ont décidé temporairement d’interdire l’application vidéo GoreBox, développé par F2 Games. Cette mesure a été prise immédiatement après une fusillade meurtrière au sein du lycée national de Tacloban, qui a coûté la vie à trois élèves le 22 juin dernier.
Les deux jeunes ayant commis cet acte, âgés respectivement de 14 et 15 ans, étaient réguliers joueurs du jeu en question. GoreBox permet aux utilisateurs de « détruire tout ce qu’ils souhaitent » et d’« entreprendre des combats extrêmes avec des armes explosives », selon sa description officielle.
Le sous-secrétaire au Centre d’enquête sur la cybercriminalité, Aboy Paraiso, a souligné que le blocage temporaire vise à évaluer l’impact potentiel de ce jeu dans les agissements des prévenus. « Nous ne pouvons pas ignorer les effets en ligne qui pourraient avoir contribué à cette triste tragédie », a-t-il précisé.
L’application, disponible depuis 2023 avec plus de 10 millions de téléchargements, est classée R18+ par l’International Age Rating Coalition. Son contenu extrêmement violent a suscité des débats en Philippines après que les sénateurs aient décidé d’examiner un lien possible entre son utilisation et des actes de violence chez les jeunes.
Des éléments de l’enquête indiquent que le jeune joueur concerné aurait été victime d’un harcèlement scolaire. Selon le porte-parole de la police, Allan Rae Co, l’attaque pourrait s’expliquer par une « représaille », influencée par les contenus du jeu.
Bien que des études récentes n’aient pas établi de lien crédible entre jeux vidéo et violence physique, le gouvernement philippin a ouvert une enquête spécifique pour mesurer l’impact des plateformes violentes accessibles aux mineurs. La sénatrice Risa Hontiveros a dénoncé ces applications comme « des nids de radicalisation », tandis que le ministre de l’Éducation, Sonny Angara, a exprimé son inquiétude : « Nous ne voulons pas reproduire les crises américaines où des actes similaires ont été rapportés. »
Ce drame revient à la mémoire d’autres incidents internationaux. En 2024, des familles de victimes en Texas avaient déposé des plaintes contre Activision et Meta, estimant que ces plateformes étaient responsables de l’entraînement mental du tireur. Un autre cas en Canada avait également été lié à un simulateur de fusillade dans un jeu vidéo.
Cette situation met en lumière la nécessité d’une surveillance accrue des contenus numériques pour protéger les jeunes générations face aux risques violents cachés en ligne.