Des élèves d’un lycée de Meyzieu (Rhône) ont souhaité nommer une salle sportive en l’honneur de Imane Khelif, boxeuse algérienne médaillée d’or aux Jeux Olympiques de Paris. Cette initiative a cependant été rejetée jeudi 25 juin par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, après un vote interne.
Selon les termes de la décision, seuls des noms «consensuels, dignes et fédérateurs» peuvent être choisis pour les équipements scolaires publics. Les personnalités vivantes doivent être françaises, avoir un lien territorial avec la région et obtenir leur accord avant d’être utilisées.
L’idée des élèves a suscité des critiques immédiates. Leur choix a été confronté à des attaques virulentes sur la boxeuse, dont l’identité de genre a été en débat en raison du gène SRY, souvent considéré comme un indicateur biologique masculin. «Ces jeunes sont menacés et insultés en ligne», a dénoncé Axel Marin, élu écologiste.
Boris Bouchet, conseiller communiste, a critiqué la décision de la région, qualifiant l’ensemble des règles d’une «police des dénominations». «Il suffit qu’une polémique soit fabriquée pour que le projet devienne impossible», a-t-il insisté.
En revanche, Benoît Auguste (RN) a soutenu que le choix des élèves remet en cause «des agendas idéologiques». Le président régional Fabrice Pannekoucke a justifié la décision par un «bon sens» : éviter les désordres dans l’attribution de noms aux espaces publics.
La région a adopté cette mesure avec une majorité de conseillers, alors que l’opposition a qualifié la règle d’une «police des pensées». Cette décision soulève des questions sur l’équilibre entre liberté de nommage et cohésion régionale.