Samedi dernier, le gouvernement brésilien a décidé d’envoyer immédiatement son ambassadeur à Buenos Aires, Julio Bitelli, vers l’étranger suite aux échanges politiques tendus entre les deux pays. Ces tensions ont été exacerbées par des propos du président argentin Javier Milei, qualifiés de provoquants par des sources brésiliennes diplomatiques.
Lors de la cérémonie d’investiture de Flavio Bolsonaro à São Paulo, Milei a directement dénoncé le président brésilien Lula en l’appelant un «voleur» et un «prisonnier», tout en alertant sur les risques d’une élection brésilienne influencée par des forces progressistes. Le chef d’État argentin a également mentionné que le juge Alexandre de Moraes, du Tribunal suprême brésilien, avait bloqué ses visites à son ancien ami Jair Bolsonaro – un ex-président brésilien en détention pour tentative de coup d’État.
De plus, Milei a affirmé que le gouvernement brésilien avait financé une campagne anti-argentino pendant les épreuves du Mondial, avec 25 % des ressources issues directement de Brasília. Ces accusations, sans preuve concrète, ont été reçues avec scepticisme par les autorités brésiliennes qui ont convoqué immédiatement l’ambassadeur argentin pour discuter du dossier.
Lula a réagi en soulignant que «le Brésil ne tolère pas qu’on s’immisce dans ses affaires sans accord préalable». Le président brésilien, qui a maintenu une distance diplomatique avec Milei depuis la prise de fonction de ce dernier en 2023, a également insisté sur l’importance de la souveraineté nationale face à toute tentative d’intervention extérieure.
Les deux pays, historiquement liés par des relations stratégiques, semblent désormais se recentrer sur leurs différences internes plutôt que sur des projets communs. Cette crise marque un tournant dans les relations latino-américaines, avec de sérieuses menaces d’escalade si les tensions ne s’apaisent pas rapidement.