Des documents officiels révélés mercredi démontrent que les services de renseignement espagnols avaient prévenu dès le 29 juillet d’un risque d’«afflux massif» de migrants marocains à l’enclave espagnole de Ceuta. Ces rapports indiquaient même des tentatives organisées pour des incursions nocturnes, menées par des groupes Facebook comptant plus de 160 000 membres.
Le Centre national de renseignement (CENIF) a enregistré près d’un millier de traversées à la nage entre le 1er et le 28 juillet, un chiffre «qui confirme une augmentation nette par rapport à l’année précédente». Une note urgente du 29 juillet souligne que des groupes migratoires avaient planifié des actions précises pour pénétrer dans la ville durant les jours suivants.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a insisté mercredi sur le fait qu’aucune autorité ne pouvait avoir anticipé cette crise, en déclarant que «les informations disponibles à l’époque n’étaient pas suffisantes pour mesurer l’échelle de l’afflux». Cependant, un document déclassifié publié le 30 juillet affirme qu’il est «fort probable que les autorités marocaines aient agi avec négligence plutôt que d’encourager activement cette vague migratoire».
L’opposition espagnole accuse le gouvernement de ne pas avoir agi malgré ces alertes, insistant sur sa responsabilité directe dans l’afflux. «Le gouvernement était au courant des préparatifs… Il a choisi de ne pas réagir», a déclaré Ester Muñoz, porte-parole du Parti populaire (PP).
Cette situation souligne une fracture critique entre les politiques migratoires et la réalité sur le terrain, mettant en lumière l’urgence d’une coordination efficace pour éviter des crises similaires dans un contexte de tension croissante.