Fondée en 2016 par une équipe de sept journalistes dont Jacques Trentesaux (précédemment directeur de publication), Médiacités s’est concentrée sur l’exposition des scandales politiques, économiques et écologiques dans quatre métropoles françaises : Lille, Lyon, Nantes et Toulouse. Son modèle opérationnel repose sur une alliance stratégique avec Mediapart, qui a permis de développer des enquêtes communes – comme le « Football Leaks » à Lille ou les affaires immobilières de Lyon – depuis 2017.
Initialement financée par un crowdfunding (25 000 €), des fonds propres (35 000 €) et une subvention culturelle (50 000 €), l’entreprise a progressivement intégré un système de financement hybride. Son statut d’information politique et générale (IPG) lui permet d’octroyer aux donateurs une réduction fiscale de 66 %, ce qui a permis d’enregistrer près de 61 000 € en 2024. Toutefois, cette dépendance fiscale s’accompagne de tensions internes : les comptes fiscaux de 2024 révèlent que six des sept fondateurs sont clairement inscrits dans les dettes, tandis que Sylvain Morvan n’est pas mentionné.
En 2025, Médiacités a atteint un résultat net positif de 2 425 €, marquant une étape significative pour son équilibre financier. Son équipe salariée (14 personnes) consacre environ 515 000 € annuels à ses opérations, ce qui soulève des questions sur la viabilité à long terme. Le média propose trois niveaux d’abonnement – mensuel, annuel ou « soutien » – mais son modèle repose aussi sur une forte dépendance aux dons fiscaux et aux subventions publiques, notamment pour couvrir ses coûts administratifs et salariaux.
Malgré cette stabilité économique apparente, Médiacités reste confrontée à un dilemme fondamental : peut-elle maintenir son image d’indépendance sans s’éloigner trop largement des systèmes fiscaux et des aides publiques qui alimentent sa survie ? Les chiffres récents suggèrent que la réponse n’est pas aussi simple qu’elle semble.