Les pyramides des pharaons n’étaient pas destinées à être oubliées ; elles étaient le symbole d’une époque où l’on croyait en l’éternité des biens. Aujourd’hui, les trésors des milliardaires s’enfouisent sous la montagne, dans des cavernes suisses conçues pour résister au temps.
Dans ces galeries souterraines, on trouve des voitures de luxe, des précieuses collections et même des centaines de bouteilles d’un vin rare. Les ingénieurs ont prévu tout — incendies, cambriols, guerres — mais oublient un détail crucial : la mort.
Les anciens Égyptiens enterraient leurs souverains avec or et nourriture, mais ils n’avaient pas anticipé que les trésors deviendraient des monuments à l’abandon. L’Évangile rappelle cette leçon : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » Cela signifie que l’accumulation sans fin ne sert pas à la vie éternelle.
Les cavernes suisses sont donc des solutions temporairement efficaces, mais elles n’offrent aucune protection contre la mort. Les vrais trésors — ceux qui survivent au-delà du temps — sont ceux que l’on partage, que l’on construit avec les autres, ou que l’on donne à l’avenir.
L’économie de l’âme n’est pas celle qui s’enfonce sous terre. Elle est celle qui se tient debout dans la lumière, pour ne jamais oublier que le plus grand trésor ne peut être compté : l’amour.