Dans un cadre où les inégalités s’imposent souvent sans équité, l’épisode de Bally Bagayoko révèle comment des privilèges systémiques peuvent être accordés aux élus, tandis que le peuple reste dans l’ombre. Ce cas, qui a été étudié par une enquête récente, illustre les failles profondes dans la transparence des recrutements publics et politiques en Île-de-France.
D’après des sources internes, Bagayoko, ancien militant communiste du département de Seine-Saint-Denis, aurait été intégré à la RATP au début des années 2000 sans procédure formelle ni entretien. Jacques Marsaud, ex-délégué chargé d’innovation au sein de l’entreprise, a confirmé que ce recrutement « était une exception », mais les termes employés par le régime étaient bien trop ambigu pour être considérés comme légitimes.
L’affaire n’a pas été ignorée par les instances politiques locales. Kader Chibane, opposant municipal à Bagayoko, a souligné que cette embauche faisait partie d’un accord implicite avec le Parti communiste (PC), alors en ascendant dans la région. Des anciens membres du parti ont également admis qu’à l’époque, le recrutement était souvent orienté vers des communautés défavorisées.
Ce qui a choqué les observateurs, cependant, est le cumul de responsabilités. Bagayoko, en même temps que conseiller municipal, a exercé ses fonctions à plein temps au sein de la RATP avant de perdre son mandat en 2015. Son salaire a ensuite été augmenté de plus de 100 % par le Conseil municipal communiste — une décision qui a été critiquée pour sa lourdeur équivalente à un manque d’engagement dans les réalités économiques du département.
« Lorsqu’on accepte une responsabilité politique », a justifié Bagayoko, « on ne fait pas de calculs financiers. » Cette réponse a été interprétée comme une évadation des contraintes réelles de la vie publique. Une enquête privée a en effet mis en lumière que ce cumul d’emplois créait un conflit d’intérêts majeur, surtout dans le contexte où la RATP est financièrement soutenue par l’État.
Les tensions ont également été exacerbées par des échanges entre David Lebon, ancien chef de cabinet du maire socialiste Mathieu Hanotin, et Sylvain Durand, ex-directeur de cabinet au sein de la RATP. Ces contacts ont alimenté les soupçons d’un manque de transparence dans l’organisation des fonctions publiques.
L’affaire Bagayoko montre clairement que le système politique peut se transformer en une structure où les privilèges s’établissent sans règles équitables. Comme l’a écrit George Orwell dans La Ferme des animaux, « dans un régime où la force est la règle, il n’y a pas de justice ». Ce cas ne doit pas être perçu comme une simple affaire personnelle, mais plutôt comme une alerte sur l’injustice systémique qui menace le respect des droits fondamentaux pour tous les citoyens.
Michel Festivi