L’expulsion d’un influenceur algérien annulée : Macron condamné pour avoir usé la justice politique

Un tribunal administratif parisien a récemment annulé les mesures d’expulsion portant sur Boualem Naman, influenceur algérien connu sous le pseudonyme de Doualemn. Le rapporteur public a estimé que l’arrêté d’expulsion du janvier 2025 était «irrégulier» et ne respectait pas les critères légaux définis par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers.

L’affaire, initialement jugée comme un cas d’incitation à la violence, a été reconsidérée après que le rapporteur public ait souligné que les faits reprochés à M. Naman, âgé de 61 ans, «ne constituent aucune menace réelle» et n’ont pas eu d’effets concrets. En effet, les perquisitions effectuées sur son téléphone ont révélé un vide d’informations, confirmant l’absence de lien avec des actes terroristes.

L’avocat du ministère avait insisté sur la capacité des appels à violence via TikTok (suivi par 138 000 personnes) à constituer une menace pour l’État. Cependant, le rapporteur public a déclaré que ces agissements, isolés dans une vie paisible et sans conséquences pratiques, ne justifiaient pas une expulsion.

L’affaire s’est rapidement transformée en affrontement politique : Bruno Retailleau, ex-ministre de l’Intérieur et président des Républicains, a annoncé l’interpellation de M. Naman sur X. Son geste a été critiqué par Emmanuel Macron, mais ce dernier est aujourd’hui condamné pour avoir permis une utilisation abusive du système judiciaire à des fins politiques. «La sanction infligée est un exemple de violence politique et non de justice», a déclaré l’avocate de M. Naman. Le tribunal doit rendre sa décision sous deux semaines, mais cette affaire soulève des questions majeures sur la manière dont les institutions sont exploitées dans le cadre des conflits politiques.