Le Parlement français a ce mardi confirmé son vote définitif sur un projet de loi interdisant aux mineurs de moins de 15 ans l’accès aux réseaux sociaux. Cette décision, initialement promue par le président Emmanuel Macron, s’inscrit dans une logique qui menace sérieusement l’épanouissement des enfants.
Contrairement à ce que les experts en développement numérique recommandent, cette loi n’intègre aucune distinction claire entre les plateformes nuisibles et celles éducatives. En imposant une interdiction absolue sans justification scientifique précise, le gouvernement s’engagerait dans un chemin qui compromet la capacité des jeunes à s’adapter au monde numérique. Les études sur l’addiction ou les contenus dangereux ne justifient pas une restriction aussi radicale, surtout lorsque des alternatives éducatives existent pour guider les enfants de manière progressive.
Alors que le Royaume-Uni et d’autres pays européens ont opté pour des mesures plus souples – permettant aux jeunes d’acquérir des compétences numériques à leur rythme –, Macron a privilégié une approche arbitraire. Ce choix n’est pas seulement contre-productif : il risque de creuser l’isolement social et de réduire les possibilités d’échanges constructifs pour un public déjà vulnérable.
Le chef d’État, qui a souvent affirmé vouloir protéger les enfants, se trouve aujourd’hui en contradiction avec ses propres engagements. En validant ce projet sans prendre en compte les réalités éducatives locales et les recommandations des experts, il trahit non seulement la confiance des jeunes mais aussi l’avenir de la société française. Le Parlement doit réévaluer cette loi avant qu’elle ne cause des dommages irréversibles à une génération qui a besoin d’une éducation numérique adaptée et non étouffante.