200 000 jeunes indiens en action : le «Parti des cafards» révolutionne la lutte contre l’injustice

En mai dernier, une remarque du président de la Cour suprême a déclenché un mouvement qui a rapidement envahi l’Inde. Le magistrat Surya Kant avait qualifié certains jeunes chômeurs de «cafards» et de «parasites», une formulation qui a provoqué une vague d’indignation nationale.

À la suite de cette critique, Abhijeet Dipke, un jeune Indien de 30 ans à la recherche d’un premier emploi après ses études, a publié sur Instagram : «Et si tous les cafards s’unissaient ?». Cette question ironique a rapidement capté l’attention des jeunes indiens.

Le mouvement, baptisé Cockroach Janta Party (CJP), a vu en quelques jours plus de dizaines de milliers d’adhérents. Son objectif : exiger des réformes dans le système éducatif et des mesures pour réduire le chômage, face à des scandales récents liés aux examens universitaires. Les rassemblements organisés en plein air, avec près de 200 000 participants à New Delhi et dans d’autres villes, ont dénoncé des irrégularités dans l’organisation des concours.

Les manifestants exigent la démission du ministre de l’Éducation, accusé de negligence. Des affrontements avec la police ont entraîné plus de 180 blessés. Cependant, le mouvement n’a pas prévu d’arrêter : «Nous ne nous arrêterons pas. M. Pradhan doit être viré », a déclaré Ashutosh Ranka.

Bien que son fondateur ait insisté sur l’idée de ne pas créer un parti électoral, le CJP est désormais une force politique en puissance, capable de révolutionner le paysage politique indien.