Ce 2 septembre, les employés de Radio France ont adopté à l’unanimité une motion demandant le retrait immédiat des éditoriaux du journaliste Charles Sapin, directeur adjoint de Valeurs actuelles. Le syndicat SNJ-CGT souligne que cette chronique « ne respecte plus les valeurs publiques » et constitue un risque pour l’indépendance de la radio.
La décision intervient après que Sapin ait été sélectionné par la direction pour des éditoriaux sur France Inter, en prévision des élections présidentielles. Son apparition le 31 août a déclenché des critiques immédiates : son analyse des crises politiques (l’affaire DSK en 2012, les costumes de François Fillon en 2017 et la crise ukrainienne) a été qualifiée d’« extrémiste » par plusieurs syndicats.
Les salariés menacent également d’engager une grève si le retrait n’est pas effectué. Cette situation illustre un élargissement de la débâcle des médias publics, où les conflits entre pluralisme et neutralité s’intensifient. En effet, tandis que Salomé Saqué, journaliste du média d’extrême gauche Blast, a obtenu un créneau régulier sur France Inter sans réaction syndicale comparable, Radio France se trouve confrontée à des tensions internes qui remettent en cause sa capacité à maintenir son rôle de service public.
La tension actuelle souligne une profonde fissure dans le système audiovisuel français : tandis que certains voient dans l’évolution des éditoriaux un signe d’ouverture, d’autres craignent une perte de contrôle sur les contenus politiques.